samedi 10 septembre 2016

Alps Epic, une traversée en 5 jours des Hautes-Alpes


Voilà bien deux mois que nous avons terminé cette première édition de l'Alps Epic, à laquelle j'avais été conviée après la victoire sur la Transmaurienne, autre course par étape à VTT à travers nos Alpes françaises.

Une première édition "V.I.P" pour cette toute nouvelle Alps Epic, avec une bonne partie de l'équipe et des coureurs que nous connaissions déjà de longue date et d'autres avec qui nous n'allions pas tarder à faire connaissance, la petite vie en communauté durant une semaine aidant.

Cette course se fait en équipe de deux et nous avons choisi de la faire en couple. Notre préparation était vraiment très juste, ce pourquoi nous avons tout de même longtemps hésité. Le printemps a été très maussade cette année, et nous n'avons plus la motivation de nos premières années de compétition pour rouler sous la pluie !
Mais la promesse d'une belle aventure, dans une ambiance conviviale, la traversée des Hautes-Alpes et du beau VTT ont finalement pris le dessus.

Sur le podium en équipe mixte !

Pour évoquer rapidement le côté performances et résultats, nous avons su maintenir une bonne troisième place chez les mixtes, derrière la famille Bourdon (Fanny et son frère Rémy), et les "haut-montagnards", Laetitia Roux (multiple championne du monde de ski-alpinisme) et Alex Dimitriou. Les premiers jours, nous avons eu l'occasion de rouler en compagnie de ces derniers, mais les premiers signes de fatigue étant rapidement apparue de mon côté, j'ai préféré lever le pied et rouler à mon rythme en troisième position. Nos adversaires étaient forts et cela fût un plaisir de pouvoir être dans la course avec eux les premières étapes !

Tiercé dans le désordre : Fanny et Rémy (à droite), les vainqueurs, Laetitia et Alex les seconds et nous-même pour compléter - Photo Alps Epic - Manu Molle


Bravo à eux, à Laetitia en particulier, qui est une excellente VTTiste, d'un niveau technique équivalent aux élites, et qui n'a vraiment pas peur de la vitesse et de l'engagement (n'est-ce pas Alex ? :) ). Et qui plus est, derrière l'athlète de haut-niveau disciplinée, il y a une fille très accessible et ouverte, simple et généreuse, qui n'a jamais hésité à nous encourager ou féliciter lorsque nous étions à la bagarre. Un état d'esprit que l'on ne retrouve que chez les vrais passionnés de sport, au-delà de la compétition. Malheureusement trop rare.

Un grand bravo aux vainqueurs également, Fanny et Rémy, qui nous aurons beaucoup fait rire cette semaine. Rouler entre frère et soeur, c'est un peu revenir en enfance : pas mal de chamailleries ! Mais au final, cela fera beaucoup d'histoires à se raconter en famille, et un lien fraternel encore un peu plus renforcé !

"A tout à l'heure les copains !" - Crédit photo Alps Epic - Jean-luc Armand


Peut-être que deux mois après une si belle épreuve, mais longue, on ne se souvient que de l'essentiel et du plus beau. Alors pêle-mêle, voilà un petit morceau des meilleurs souvenirs.

- Les paysages

Du col du Lautaret, en passant par Briançon, le col de l'Izoard, le Queyras, l'Embrunais, le Champsaur, Gap...et par beau temps, nous n'aurons cessé d'en prendre plein les yeux. Alpages, cimes enneigées, villages de montagne, pierriers... On ne peut pas dire qu'une étape aura été plus belle qu'une autre : elles étaient toutes différentes, mais avec de beaux points de vue à la clé.

A Briançon, étape du Prologue - crédit photo Alps Epic
Passage dans le Queyras - crédit photo Alps Epic
Départ d'Embrun pour la quatrième étape - crédit photo Alps Epic - Jean-luc Armand

- Les sentiers à VTT

Si nous avons suivi la grande traversée des Hautes-Alpes en majorité, nous aurons pu souvent prendre de petits sentiers en parallèle. Attention à ceux qui craignent le vertige, il vaut mieux toujours regarder loin devant soi. Cela reste du vrai VTT de montagne !
Les organisateurs se sont mis en quatre pour arriver à nous faire profiter des plus belles traces. De sorte à ce qu'il n'y avait pas une ascension sans belle descente ensuite. Ce qui fait que nous n'avons jamais trouvé le parcours monotone ou long.
Pour bien en profiter, mieux vaut avoir un tout-suspendu, un bon all-mountain en 120mm  faisant déjà bienl'affaire. Nous étions avec nos semi-rigides que nous apprécions beaucoup, mais nous nous sommes fait un peu plus "brasser" en descente !

Aïe aïe aïe les longues descentes dans les cailloux en semi-rigide - Crédit photo Jean-luc Armand


- La gentillesse de tous

Durant une semaine, nous n'aurons vu que des sourires, malgré la fatigue. De la part des organisateurs, de la part des autres concurrents toujours très fair-play, de la part des locaux qui nous accueillaient sur les étapes avec parfois de petits cadeaux (comme dans le Queyras) et de la part des bénévoles et autres membres de l'équipe. Nous aurons eu l'occasion d'échanger avec tout le monde, l'avantage des événements dans leurs premières années. Le sport est un formidable moyen de rencontre et d'entente, entre les générations, les nationalités, les milieux sociaux-professionnels, et sur cet événement, nous avons pu largement profiter de cet aspect.

Une bonne bière à l'arrivée pour le debrief avec les copains...le meilleur moment de la journée ! - crédit photo Alps Epic - Manu Molle


- Notre petite bulle

Se lever, déjeuner, récupérer son vélo, papoter et faire les derniers réglages...faire ses 5h de course (en moyenne), manger et papoter, se faire masser, retrouver son hôtel, papoter, manger, dormir. Dur le quotidien durant ces courses par étapes. Loin de la ville, loin de l'agitation, dans notre groupe "Alps Epic". C'est simple : en une semaine, nous aurons eu l'impression de vivre un mois, voire plus.

Une partie de notre camp de base déplacé chaque jour - crédit photo Alps Epic - Jean-luc Armand

- Les repas

Un grand bravo, et merci, aux cuisiniers qui nous auront suivi durant une semaine. Des assiettes colorées, des goûts variés et toujours bons...le plaisir de retrouver le repas à l'arrivée de 5h de vélo. Un des meilleurs souvenirs de la course (la qualité de la nourriture compte triple sur ces courses !!!)

Quand l'appétit va... - crédit photo Alps Epic - Remi Fabregue


- Les massages

Merci aux masseuses, qui ont vu défiler chaque jour quasiment l'ensemble des coureurs. Un sacré travail. Et un moment de détente et récupération non négligeable pour les coureurs.

- L'aide en cas de pépin

Nous l'aurons vécu dès le premier jour, avec une casse sur serrage de pédalier un peu avant la course. Tout juste le temps de bricoler quelque chose, qui n'aura tenu que la moitié de cette étape de prologue.
A l'arrivée, coureurs, spectateurs, organisation, tout le monde était prêt à nous apporter de l'aide. Finalement, un des mécaniciens présent cette semaine a pris notre vélo et nous a dit : "t'inquiète, demain, le vélo sera en état". Et c'était le cas. Le mécano était allé jusqu'à son magasin, à 30kms de là, pour remplacer la pièce.
Privilège des premières années, les organisateurs ont fait le serment que tout le monde devait rejoindre l'arrivée à Gap, et que tout les moyens devaient être mis en place pour cela.
Encore un grand merci à tous ceux qui nous ont aidé ou proposé de l'aide ce jour-là !

Jamais en rade avec nos vélos, merci l'assistance ! crédit photo Alps Epic - Rémi Fabregue


- La sympathie et la générosité des organisateurs

Comme dit auparavant, nous étions vraiment aux petits soins. Je profite de cet article pour mettre en avant ce qui ne transparaît pas toujours derrière l'image d'un site web, d'une page facebook, qui peuvent faire passer un événement pour une "grosse machine", à des fins lucratives.

L'Alps Epic est un pari, de quelques personnes passionnées de VTT, et d'une région. Laurent et Seb, les deux principaux "parieurs", ont eu le rêve de nous faire partager leurs plus beaux spots, sentiers, points de vue, d'une région qu'ils connaissent bien.
 Une telle aventure (320km en 5 jours, 13000m de dénivelés) demande beaucoup de moyens, avant et pendant la course. Pendant la semaine, nous coureurs, n'avions rien d'autre à penser qu'être au départ, rouler, manger, se reposer, manger et dormir. Pour avoir fait d'autres courses à étapes, avec liaisons, logement, nourriture, mécanique à assurer nous-même, la fatigue n'est pas du tout la même. Et pour autant, au bout de 6 jours d'Alps Epic, nous étions déjà rincés !

Alors merci Laurent, Seb, et tous ceux qui étaient derrière et que l'on voyait moins car ils bossaient aussi beaucoup (Lionel pour la sécurité, David pour la mise en place des sites...), de nous avoir concocter une semaine de rêve pour tout VTTiste !

Laurent et Seb, les "patrons" : la passion du VTT, de la montagne...qui ne serait rien sans le partage !

- Pas si dur...?!?

Arrivé en fin de semaine, je n'avais pas l'impression de fatigue que je pouvais avoir à la Cape Epic, où les réveils à 5h sous tente et les petits-déjeuners difficiles m'avaient vraiment usée. Néanmoins, les signes de fatigue étaient là : des saignements de nez réguliers (ce qui ne m'arrive vraiment jamais), un corps qui ne répondait vraiment plus pendant 30 min au début de la dernière étape, pour redémarrer ensuite comme tous les jours. Et une bonne fatigue qui a persisté quelques semaines après. Tout cela sans doute lié au manque de préparation vélo et aux triathlons enchaînés en Juin.

Mais voilà : le confort assuré à côté de l'épreuve du jour, les montées toujours régulières pour atteindre les hauteurs, les supers sentiers et paysages font que l'on n'arrive pas lassé au bout de la semaine.

Souvent une ascension régulière pour démarrer la journée - ici avec le team des canadiens de Whistler, belle rencontre lors de ce séjour - crédit photo Alps Epic - Rémi Fabregue


Et le moins bon souvenir : le retour à la réalité

Dur, le retour en ville, à Gap, à l'issue de cette semaine. Le trafic, les gens peu souriants...qu'est-ce qu'on était bien dans notre petite communauté dans la montagne ! Quitter tout le monde, des au-revoir qui n'en finissaient pas, et chacun qui reprend son chemin.
Assurément une semaine idyllique, que l'on place dans les meilleures expériences sportives que l'on aura pu vivre. Bravo aux organisateurs pour cette première édition sans faille !

Notre petite communauté durant une semaine, des souvenirs impérissables ! - crédit photo Alps Epic

Conseils à ceux qui voudraient tenter l'expérience : préparez-vous en faisant du sport tous les jours quelques mois auparavant, mais en arrivant frais ! L'option hébergement en tente me semble bien : la météo étant plutôt garantie, cela permet de passer des nuits plus fraîches qu'en hôtel. L'équipe d'organisation est aussi parfois mieux à même de préparer de bons repas sportifs que certains hôteliers, pourtant bien mis au courant de nos besoins. Maintenant, les hôtels proposés sont vraiment classe, leur confort conviendra peut-être mieux à certains.

100 places prévues l'an prochain, profitez de ces premières années pour partager le même type d'expérience que ce que nous avons pu vivre cette année !






samedi 23 juillet 2016

8ème aux championnats d'Europe de cross-triathlon, la surprise !

Après quelques semaines bien actives, quelques nouvelles de ces dernières semaines bien actives sportivement.

Je n'ai pas eu le temps de revenir sur le championnats d'Europe de cross-triathlon, lors du XTerra Suisse, qui était cette année la course de plus haut niveau à laquelle je participais. Du coup, l'objectif que j'ai le plus sérieusement préparé, même si tout cela reste très relatif cette année !
La chance a été de mon côté car la pluie est arrivée lorsque nous nagions, pour préparer le terrain d'un VTT devenu bien glissant. Par expérience, je sais que ce sont des conditions qui me réussissent toujours, d'autant plus sur un XTerra où ma technique à VTT fait toujours plus de différence que mes qualités physiques...encore plus cette année !

Sans avoir pu beaucoup nagé 10 jours avant, du fait d'un mauvais virus qui m'a forcée au repos, j'avais perdu beaucoup de force et ma natation n'a donc pas été fabuleuse : sortie 16ème, à 5 minutes de la tête...même si j'apprécie toujours nager, sachant mon manque d'entraînement à VTT, je me dis que le top 10 va vraiment être difficile.

Départ Elite Dame - Photo XTerra Suisse


Mon départ à VTT n'est pas très rapide, mais petit à petit, arrivée dans les zones rendues techniques par la pluie, je m'aperçois que je suis plus rapide, grâce à de meilleures trajectoires et moins d'hésitations. Je remonte petit à petit, sans trop savoir où je me situe. Dans le deuxième tour, je comprends que j'ai vraiment beaucoup remonté, lorsque je double une des favorites, que je ne double d'habitude jamais à VTT, puis lorsque j'aperçois deux autres françaises au loin (Myriam, qui terminera 3ème et Michelle Flipo, vainqueur de l'épreuve). Bien placée à l'issue du VTT, bien dans la course, il peut arriver ce qui arrivera par la suite, je suis déjà super satisfaite de ce déroulement !

7ème à l'issue du VTT et proche du top 5, j'appréhende un peu la course à pied, car mon entraînement en trail n'aura pas été à la hauteur de ce que je pensais faire. Si ma préparation course à pied était correcte début Juin, je pensais basculer sur le trail 3 semaines avant l'objectif. Là aussi, le fait de tomber malade aura bien contraint mes plans. Au bout de 2 km de cette course à pied, ma foulée se met en mode automatique, ça déroule pas trop mal et mon cerveau commence petit à petit à déconnecter : si j'arrive à ne pas cogiter, ces 10 kms devraient bien passer ! 
Arrivés au 4ème kilomètre, on entame la vraie partie trail, avec montée raide et glissante. Pas de surprise, j'avance plus lentement, mais sûrement. Carina Wasle me double en descente et je peux apprécier sa belle foulée sur le plat ensuite : je n'ai assurément pas la même, mais ça fait rêver ! On entame le deuxième tour, le but est de ne rien lâcher. Je me concentre sur ma foulée, ma posture, pour ne pas partir sur une mauvaise gestuelle du fait de la fatigue. Je ressors mon registre des "pensées positives et motivantes" pour ne pas flancher mentalement et garder le bon rythme.

A peine reconnaissable ! - Photo TRI Max


A 2 km de l'arrivée, David m'encourage et me dit que c'est super car j'ai encore une belle foulée, je comprend à son ton qu'il n'y a personne derrière. Je passe la ligne soulagée et vraiment très satisfaite de cette 8ème place qui me paraît assez exceptionnelle à la vue de ma préparation cette année, les conditions humides ayant changé la donne. Même si je regrette tout le nettoyage après course, je dois dire que j'aime le VTT dans ces conditions. Tout simplement, j'aime le VTT lorsque cela requiert de la technique, du pilotage et de l'engagement. 
Transition toute trouvée avec la suite de la saison une semaine après ces championnats, 6 jours de VTT dans les Alpes lors de l'Alps Epic : beaux paysages, beau VTT, une semaine en petite communauté avec une bonne partie de copains et connaissances du milieu du VTT...mais le programme est chargé : 320kms et 13000m de D+ environ !

Une petite photo et c'est parti pour le lavage !
Pour conclure, un grand merci à David qui m'a préparé un vélo au top pour la course, et aidé pour tout le reste ! Merci à Organi'coach, Nico et Alex en particulier, pour leur sympathie, disponibilité et conseils toujours avisés ! Merci à mes partenaires matériels, en particulier Rotor et Astérion pour les roues préparées la semaine avant la course, au top comme toujours !



samedi 18 juin 2016

Retour sur début 2016

La saison 2016 est déjà bien entamée et je n'ai pas fait un suivi de mes courses sur ce blog car c'est une année "de transition", et mon attention n'est pas focalisée sur de gros objectifs.
Les grandes saisons sportives sont souvent préparées les années précédentes : on se constitue un environnement et un contexte favorables pour se consacrer au sport, puis lorsque tout cela est stabilisé, on se dit : l'an prochain, c'est objectif(s) !

Dans mon cas, 2016 est l'année où je reprends de nouvelles marques après un changement professionnel en ce début d'année. On pourrait parler d'une "reconstruction" de ce côté là, tant les derniers mois avaient été difficiles moralement dans une grande entreprise prise dans les tourments de la mondialisation, et qui préparait l'externalisation d'une partie de son personnel. J'ouvre et je referme cette parenthèse car là n'est pas le sujet, même si ma baisse de motivation et fatigue en fin de saison en 2015 y étaient forcément liés.

Cette année est donc synonyme de préparation à la maison, courses dans un périmètre pas trop éloigné de chez moi, moins de temps pour les compétitions et plus pour d'autres activités auxquelles on se consacrait moins les années où nous étions toujours focalisés sur nos saisons sportives.

BF5 en poche

J'ai profité de cet inter-saison pour passer le BF5 d'initiateur triathlon, soit le premier niveau de formation bénévole pour nos clubs de triathlon.

J'avais cela en tête depuis quelques temps, sans doute du fait d'avoir eu la chance de rencontrer de bons coachs qui nous ont transmis leur passion de l'entraînement et de l'encadrement sportif.
Je l'ai passé en triathlon plutôt qu'en VTT parce que je peux davantage mettre en pratique dans mon club les week-ends. Nous avons à Belfort une école de triathlon forte de plus d'une cinquantaine de jeunes entre 6 et 16 ans !
Passer le BF5 m'a remotivée personnellement à plusieurs niveaux : le fait de partager son expérience et aider les autres me donne actuellement plus de satisfaction que m'occuper de moi-même. Dans ma tête les choses ont évolué, je vois les années où j'apprenais, progressais et avais plein d'objectifs plutôt derrière moi. Et ce que je fais maintenant, comme du bonus.

Si je peux revivre cela à travers les autres, c'est tout aussi bien... Il ne s'agit pas de vouloir mener tout le monde (ou pire, seulement certain) à la compétition de haut-niveau, mais plutôt de faire imprégner le sport à chacun comme un fil conducteur de leur vie, qui fera partie de leur hygiène de vie et leur apportera un équilibre et un moyen de progresser personnellement. Et d'être en bonne santé avant tout !
Je suis vraiment très contente des retours que j'ai pu avoir jusqu'à maintenant, nos jeunes sont très réceptifs, appliqués et demandeurs. Certains sont même devenu mordus de VTT à force de travailler le pilotage et la technique à l'entraînement (pas souvent le fort des triathlètes !)

Cela m'a aussi reboostée pour ma propre préparation. J'ai découvert et redécouvert des façons de réfléchir à ma programmation de l'entraînement ou de chaque séance qui font que ma préparation personnelle est plus riche, plus ludique, plus qualitative encore.

Merci à nos formateurs qui ont partagé leur connaissance, leur passion, leur expérience, et rappelé que le triathlon doit se pratiquer se façon raisonnée et raisonnable, pour un sport vertueux, durable et respectueux de la santé !


A l'entraînement, peu de volume, toujours un peu plus de qualité

Il m'a fallu revoir mes entraînements pour pallier à la baisse de volume horaire liée à mon nouveau rythme. Je tourne autour de 6-8h cette saison, avec peu de vélo, surtout du fait de la météo catastrophique les week-ends cette année.

Je compense donc avec la natation, la course à pied, et des séances de renforcement musculaire, abdos-gainage-proprioception...et ça, c'est la nouveauté pour moi cette année. Les séance de "toutouyoutou" comme dit mon homme, étaient pour moi destinées aux personnes qui voulaient faire du sport en intérieur pour "travailler l'esthétique". Pas forcément ma conception du sport, qui doit être en extérieur et ludique avant tout.

Et pourtant, je pense maintenant qu'en triathlon, il est vraiment essentiel de passer du temps sur ces activités, d'autant plus lorsqu'on vient du cyclisme comme moi.
En course à pied, il est essentiel d'être gainé pour avoir une bonne posture, surtout à la fin d'un triathlon ou la fatigue se fait bien ressentir et où l'on commence alors à courir en étant à moitié "assis" en en force.

En natation, on ne nage pas qu'avec les bras, les épaules, les dorsaux...pour s'appuyer sur l'eau et pousser, il faut utiliser ses abdominaux. Pour nager droit, il faut être gainé. Cet hiver, j'ai travaillé ma technique de façon différente et j'ai clairement senti que je n'utilisais pas assez mes abdos auparavant en nageant, que ma technique ne pouvait pas être efficace. Je vois la différence maintenant : avec le même nombre de séance qu'avant (2 x 1h/semaine), j'ai gagné 1 à 2 minutes et je sors beaucoup moins fatiguée et courbaturée sur un 1500m.

A ce sujet, je conseille la lecture de ce livre sur la technique du crawl, cela 'a permis de réorienter mon travail technique et m'a beaucoup aidé : http://www.natationpourtous.com/services/plaisir-de-nager.php



En ce qui concerne les séances de renforcement musculaire, je suis les vidéos  "Fitness Master Class" et la page FB de Lucile Woodward, qui a une bonne approche et donne de bons conseils. Et je ne fais pas la fière : tenir une séance entière n'est pas toujours facile !

Et en course...

Au niveau de mes participations depuis ce début d'année : un peu de trail, un cross-duathlon, deux triathlons sur route, un raid multisport...

Et surtout une épreuve de VTT sur 4 jours en équipe de deux avec mon homme en Croatie, la 4 Islands Stage Race. Une super épreuve, de beaux paysages, une très bonne ambiance entre les équipes mixtes, du VTT tout simplement : cela reste tout de même mon sport de prédilection !
Et une bonne expérience en couple, avec les hauts et les bas inhérents à la compétition sportive partagés à deux : partis assez mal le premier jour, nous avons réussi à bien remonter au fil des jours, mais toujours en restant détendus et vraiment heureux de pouvoir vivre une telle expérience. Merci David d'avoir organisé tout cela !

4 Islands Stage Race - Les 6 premières équipes mixtes ; sud-africains, allemands, croates, hollandais, français...le plaisir des échanges et rencontres sur les courses à l'étranger


Au niveau local, quelques victoires qui font plaisir : victoire sur le trail du Salbert (Belfort), sur le cross-duathlon de Belfort, et sur le triathlon M de Belfort. Bref, Belfort, pour l'instant, c'est chez moi :)


Avec le ballon d'Alsace en fond - Photo Thierry Sourbier - OnlineTri

De bons progrès en course à pied, en natation...plus dur à vélo car le volume reste important dans cette discipline. Sans faire de grosses semaines, j'ai conservé une très bonne endurance, une bonne récupération. Ce qui me fait me dire que ce sont des qualités que l'on perd moins vite que d'autres et que l'on peut encore conserver quelques années avec de l'entretien.

La semaine prochaine, je participerais au XTerra Suisse, championnat d'Europe cross-triathlon. Cela se fera sur la fraîcheur car ayant été malade cette semaine, ma préparation déjà un peu juste en a un peu plus pris un coup !
Puis une semaine de VTT à l'Alps Epic, en équipe à nouveau avec David. Découvrir les Hautes-Alpes sur une semaine de VTT avec quelques amis de longue date : "A quand de vraies vacances Coralie !?", comme me dirait mes collègues... Je ne vois pas pourquoi :)

dimanche 1 mai 2016

Santé, physiologie, nutrition : de la nouveauté !

Je reprends le fil de ce blog après une petite pause hivernale. Le temps me manquait un peu, et mon esprit était bien plus occupé à la mise en place d'une nouvelle organisation après un changement professionnel qui découla d'une longue période de réflexion.
Le sport n'était donc pas un premier plan cet hiver, la préparation d'objectif non plus. "Sport santé", "sport décompression"...cela reste en tous les cas toujours l'occasion de tester de nouvelles façon de s'entraîner, afin de conserver la motivation.

La période hivernale permet aussi plus facilement d'avoir du temps pour lire ou s'informer de façon plus générale.
Nous avons eu la chance de pouvoir participer à une conférence d'une journée en ce début d'année au centre sportif de Mulhouse, sous l'initiative du Dr Matter,  sur la nutrition. Très intéressante, puisqu'il y avait entre autres Denis Riché, LE nutritionniste des sports d'endurance mondialement reconnu, et co-fondateur d'une de nos revues fétiches, Sport et Vie et "gourou" de la micronutrition (= alimentation ciblée pour chaque personne pour une santé optimale)

Si je connaissais déjà assez bien les idées via ses livres et la revue, la conférence a permis de mettre en évidence les dernières recherches en terme de nutrition sportive. Et nous avons appris beaucoup !



Manger bien, c'est bien, mais..

En résumé, il ne suffit pas de mettre dans son assiette au quotidien les meilleurs nutriments, encore faut-il pouvoir correctement les assimiler.

Car le grand problème souvent, et encore plus pour les sportifs, c'est la perméabilité de nos intestins.
Lorsque l'on fait du sport, surtout en compétition, à haute intensité, longtemps, l'intestin n'est plus correctement irrigué. D'où, petit à petit, une fragilisation de nos muqueuses intestinales. Ce phénomène "d'ischémie-reperfusion" génère encore plus de radicaux-libres (que déjà produit par l'exercice physique normal) qui vont attaquer la barrière intestinale.

Les symptômes d'un intestin trop perméable : troubles digestifs, maladies infectieuses plus fréquentes, inflammations, atteintes cutanées...la liste peut être longue.
Mais on peut aussi aller plus loin : le "méchant gluten", au lieu d'être évacué, passera la barrière intestinale pour perturber toutes sortes de recepteur endocriniens (=hormonaux), ce qui pourrait être à l'origine de troubles importants pouvant même toucher notre système nerveux. En réalité, peu de gens seraient vraiment intolérants au gluten, ce dérivé des produits céréaliers hyper sélectionnés et manufacturés de notre alimentation moderne, mais il passerait surtout beaucoup trop souvent au-delà de certaines barrières.

Alors, les conseils pour les sportifs, afin d'éviter ces désagréments qui à long terme, peuvent ruiner la carrière du plus talentueux espoir sportif du fait de blessures à répétition, fatigue importantes, contre-performances sur contre-performances et baisse de motivation :

 - toujours bien s'hydrater à l'effort, mais avec une boisson qui contient du glucose !!! Le glucose permet de corriger l'acidité au niveau de l'intestin.
- après l'effort, veiller à rétablir rapidement l'équilibre, par une boisson sucrée, non acide : les laitages sucrés sont conseillés !
- éviter absolument sauf nécessité avérée les anti-inflammatoires, les antibiotiques, qui détruisent la flore intestinale. Prendre ces médicaments par auto-médication est bien souvent une hérésie !
 - bien intégrer les bonnes huiles végétales dans son alimentation, avec par ordre de préférence : colza, olive, noix... Alors oui, ce sont des graisses, mais il a été prouvé qu'un régime sans graisse ne contribue pas à la perte de masse adipeuse, au contraire ! A l'inverse, consommer de bonnes huiles y contribue. Alors.... 
 -et bien sûr, afin de rester bien hydraté et d'avoir un équilibre acido-basique optimal : manger des fruits et des légumes !

Durant la conférence, il a été ensuite mis en avant que nos intestins de sportifs sont bien souvent trop fragilisés par nos pratiques, que notre flore intestinale n'est souvent pas optimale. Ce pourquoi nous ne pouvons pas toujours assimilés les bons nutriments que l'on retrouve dans nos assiettes. Par exemple, une personne souffrant de carence en fer et prenant du fer en comprimé tous les jours sans observer d'amélioration doit considérer qu'il y a sans doute une carence de bactéries qui favoriseraient son absorption.

Ce pourquoi, souvent, lorsqu'on arrive dans une impasse, il est utile de se demander si il ne faudrait pas repeupler ses intestins avec les bons agents, par des probiotiques bien ciblés.
Certains athlètes présents ce jour-là le disent : "après des années à faire du sport sans veiller à une bonne alimentation et hygiène de vie, mes performances chutaient, mes problèmes augmentaient, j'ai eu envie d'en finir. Une bonne alimentation m'a permis de rectifier le tir, mais j'avais encore des soucis trop récurrents, liés sans doute à certaines carence en dépit de mes efforts. Je prends des probiotiques tous les jours depuis quelques années..et je vais bien, la santé et les performances sont là, durablement".

Vous trouverez d'autres articles sur le net, par exemple celui-ci, pour aller plus loin :



Un best-seller qui le vaut bien : "le charme discret de l'intestin"

Alors, après toutes ces découvertes vraiment très instructives, j'ai succombé à ce livre présent sur tous les étalages, du libraire au supermarché : "le charme discret de l'intestin", par une jeune étudiante en médecine allemande, spécialisée dans la gastro-entérologie.


Il s'agit d'une vulgarisation de l'état de la recherche sur le système digestif et plus particulièrement, le rôle des bactéries dans nos vies. Car comme elle le rappelle : notre corps est constitué de davantage de bactéries que de cellules : on pourrait presque dire que nos bactéries tolèrent nos cellules.

Ce livre permet vraiment de rebondir sur les informations données lors de la conférence. Mais par rapport à l'utilisation des pro-biotiques, il est expliqué que l'actions des probiotiques s'arrêteraient lorsque l'on arrête d'en consommer. Il faut donc plutôt veiller à favoriser les "pré-biotiques",

Les pré-biotiques sont le carburant des bonnes bactéries, mais pas celui des mauvaises. Il s'agit bien souvent des fibres alimentaires, ou de l'amidon. D'où, encore une fois, la nécessité de manger des fruits ou des légumes. L'auteur préconise de manger beaucoup, souvent, ce qui nous convient le plus. Moi perso, j'adore la salade de céleri faite maison, mais mon compagnon n'en raffole pas, peut-être parce que mes bactéries l'apprécient mais pas les siennes :)

Parce que les bactéries commandent tout ! Les bonnes comme les mauvaises. De mauvaises bactéries pourraient être liées à des problème d'obésité chez certaines personnes. Ce sont des bactéries qui peuvent interagir sur notre cerveau, en inhibants les habituels messagers de la satiété car elles en veulent toujours plus...

Le passage sur la toxoplasmose m'a bluffée. Cette bactérie, c'est celle que l'on recherche chez la femme qui est, ou se prépare à devenir enceinte car elle peut tuer le foetus.
Elle provient de l'intestin des chats : c'est là qu'elle se développe. Ailleurs, elle veille, comme chez les personnes qui ont déjà été à son contact et qui peuvent très bien vivre avec.
Plusieurs études ont montré un phénomène assez impressionnant : des rats ou des souris, qui avaient été en contact avec la bactérie, n'ont plus peur de leur prédateur favori, à savoir le chat ! La bactérie a ainsi toutes les chances de pouvoir retourner un jour dans un intestin de chat...
Des études ont été faites sur les humains pour voir si dans des cas de "perte irrationnelle du sentiment de peur", la bactérie pourrait être impliquée. Elle se serait davantage que dans la moyenne de la population, dans le cas d'accidents de la route issus de situation périlleuses. Au moment de la rencontre de la bactérie avec notre organisme, dans la période d'inflammation, le danger serait plus important.

Comme l'a donc bien résumé l'auteur : " Cette découverte sonne une nouvelle ère. [...] Une ère dans laquelle nous commençons à comprendre combien nous sommes intimement liés à notre nourriture, à nos animaux et au minuscule peuple qui nous habite. Un scénario terrifiant ? Un peu, peut-être. Mais surtout passionnant : pas à pas, nous allons pouvoir décoder des processus que nous devions jusqu'ici supporter comme les coups du destin. Nous allons pouvoir saisir à bras-le-corps les risques qui font partie de notre vie. Il suffit parfois de peu - une litière propre, de la viande bien cuite et des légumes lavés".

En résumé, un livre bien écrit, parfois même drôle, qui permettra à tout le monde d'en apprendre un peu plus sur notre fonctionnement interne, ce qui est toujours bon pour se donner de bonnes pistes pour changer son alimentation, son hygiène de vie, et voir si on se sent mieux. Pour parfois aussi ne pas chercher les problèmes dans les situations de nos vies, mais peut-être aussi dans nos règlements et réactions internes. Les classiques manque de magnésium, manque de vitamine D, sont à l'origine de bien de soucis parfois, et peut-être pas seulement parce que nous n'en consommons pas, mais parce que nous ne l'assimilons pas !

Sur ce, bonnes lectures et bonne recherches à tous !