samedi 10 septembre 2016

Alps Epic, une traversée en 5 jours des Hautes-Alpes


Voilà bien deux mois que nous avons terminé cette première édition de l'Alps Epic, à laquelle j'avais été conviée après la victoire sur la Transmaurienne, autre course par étape à VTT à travers nos Alpes françaises.

Une première édition "V.I.P" pour cette toute nouvelle Alps Epic, avec une bonne partie de l'équipe et des coureurs que nous connaissions déjà de longue date et d'autres avec qui nous n'allions pas tarder à faire connaissance, la petite vie en communauté durant une semaine aidant.

Cette course se fait en équipe de deux et nous avons choisi de la faire en couple. Notre préparation était vraiment très juste, ce pourquoi nous avons tout de même longtemps hésité. Le printemps a été très maussade cette année, et nous n'avons plus la motivation de nos premières années de compétition pour rouler sous la pluie !
Mais la promesse d'une belle aventure, dans une ambiance conviviale, la traversée des Hautes-Alpes et du beau VTT ont finalement pris le dessus.

Sur le podium en équipe mixte !

Pour évoquer rapidement le côté performances et résultats, nous avons su maintenir une bonne troisième place chez les mixtes, derrière la famille Bourdon (Fanny et son frère Rémy), et les "haut-montagnards", Laetitia Roux (multiple championne du monde de ski-alpinisme) et Alex Dimitriou. Les premiers jours, nous avons eu l'occasion de rouler en compagnie de ces derniers, mais les premiers signes de fatigue étant rapidement apparue de mon côté, j'ai préféré lever le pied et rouler à mon rythme en troisième position. Nos adversaires étaient forts et cela fût un plaisir de pouvoir être dans la course avec eux les premières étapes !

Tiercé dans le désordre : Fanny et Rémy (à droite), les vainqueurs, Laetitia et Alex les seconds et nous-même pour compléter - Photo Alps Epic - Manu Molle


Bravo à eux, à Laetitia en particulier, qui est une excellente VTTiste, d'un niveau technique équivalent aux élites, et qui n'a vraiment pas peur de la vitesse et de l'engagement (n'est-ce pas Alex ? :) ). Et qui plus est, derrière l'athlète de haut-niveau disciplinée, il y a une fille très accessible et ouverte, simple et généreuse, qui n'a jamais hésité à nous encourager ou féliciter lorsque nous étions à la bagarre. Un état d'esprit que l'on ne retrouve que chez les vrais passionnés de sport, au-delà de la compétition. Malheureusement trop rare.

Un grand bravo aux vainqueurs également, Fanny et Rémy, qui nous aurons beaucoup fait rire cette semaine. Rouler entre frère et soeur, c'est un peu revenir en enfance : pas mal de chamailleries ! Mais au final, cela fera beaucoup d'histoires à se raconter en famille, et un lien fraternel encore un peu plus renforcé !

"A tout à l'heure les copains !" - Crédit photo Alps Epic - Jean-luc Armand


Peut-être que deux mois après une si belle épreuve, mais longue, on ne se souvient que de l'essentiel et du plus beau. Alors pêle-mêle, voilà un petit morceau des meilleurs souvenirs.

- Les paysages

Du col du Lautaret, en passant par Briançon, le col de l'Izoard, le Queyras, l'Embrunais, le Champsaur, Gap...et par beau temps, nous n'aurons cessé d'en prendre plein les yeux. Alpages, cimes enneigées, villages de montagne, pierriers... On ne peut pas dire qu'une étape aura été plus belle qu'une autre : elles étaient toutes différentes, mais avec de beaux points de vue à la clé.

A Briançon, étape du Prologue - crédit photo Alps Epic
Passage dans le Queyras - crédit photo Alps Epic
Départ d'Embrun pour la quatrième étape - crédit photo Alps Epic - Jean-luc Armand

- Les sentiers à VTT

Si nous avons suivi la grande traversée des Hautes-Alpes en majorité, nous aurons pu souvent prendre de petits sentiers en parallèle. Attention à ceux qui craignent le vertige, il vaut mieux toujours regarder loin devant soi. Cela reste du vrai VTT de montagne !
Les organisateurs se sont mis en quatre pour arriver à nous faire profiter des plus belles traces. De sorte à ce qu'il n'y avait pas une ascension sans belle descente ensuite. Ce qui fait que nous n'avons jamais trouvé le parcours monotone ou long.
Pour bien en profiter, mieux vaut avoir un tout-suspendu, un bon all-mountain en 120mm  faisant déjà bienl'affaire. Nous étions avec nos semi-rigides que nous apprécions beaucoup, mais nous nous sommes fait un peu plus "brasser" en descente !

Aïe aïe aïe les longues descentes dans les cailloux en semi-rigide - Crédit photo Jean-luc Armand


- La gentillesse de tous

Durant une semaine, nous n'aurons vu que des sourires, malgré la fatigue. De la part des organisateurs, de la part des autres concurrents toujours très fair-play, de la part des locaux qui nous accueillaient sur les étapes avec parfois de petits cadeaux (comme dans le Queyras) et de la part des bénévoles et autres membres de l'équipe. Nous aurons eu l'occasion d'échanger avec tout le monde, l'avantage des événements dans leurs premières années. Le sport est un formidable moyen de rencontre et d'entente, entre les générations, les nationalités, les milieux sociaux-professionnels, et sur cet événement, nous avons pu largement profiter de cet aspect.

Une bonne bière à l'arrivée pour le debrief avec les copains...le meilleur moment de la journée ! - crédit photo Alps Epic - Manu Molle


- Notre petite bulle

Se lever, déjeuner, récupérer son vélo, papoter et faire les derniers réglages...faire ses 5h de course (en moyenne), manger et papoter, se faire masser, retrouver son hôtel, papoter, manger, dormir. Dur le quotidien durant ces courses par étapes. Loin de la ville, loin de l'agitation, dans notre groupe "Alps Epic". C'est simple : en une semaine, nous aurons eu l'impression de vivre un mois, voire plus.

Une partie de notre camp de base déplacé chaque jour - crédit photo Alps Epic - Jean-luc Armand

- Les repas

Un grand bravo, et merci, aux cuisiniers qui nous auront suivi durant une semaine. Des assiettes colorées, des goûts variés et toujours bons...le plaisir de retrouver le repas à l'arrivée de 5h de vélo. Un des meilleurs souvenirs de la course (la qualité de la nourriture compte triple sur ces courses !!!)

Quand l'appétit va... - crédit photo Alps Epic - Remi Fabregue


- Les massages

Merci aux masseuses, qui ont vu défiler chaque jour quasiment l'ensemble des coureurs. Un sacré travail. Et un moment de détente et récupération non négligeable pour les coureurs.

- L'aide en cas de pépin

Nous l'aurons vécu dès le premier jour, avec une casse sur serrage de pédalier un peu avant la course. Tout juste le temps de bricoler quelque chose, qui n'aura tenu que la moitié de cette étape de prologue.
A l'arrivée, coureurs, spectateurs, organisation, tout le monde était prêt à nous apporter de l'aide. Finalement, un des mécaniciens présent cette semaine a pris notre vélo et nous a dit : "t'inquiète, demain, le vélo sera en état". Et c'était le cas. Le mécano était allé jusqu'à son magasin, à 30kms de là, pour remplacer la pièce.
Privilège des premières années, les organisateurs ont fait le serment que tout le monde devait rejoindre l'arrivée à Gap, et que tout les moyens devaient être mis en place pour cela.
Encore un grand merci à tous ceux qui nous ont aidé ou proposé de l'aide ce jour-là !

Jamais en rade avec nos vélos, merci l'assistance ! crédit photo Alps Epic - Rémi Fabregue


- La sympathie et la générosité des organisateurs

Comme dit auparavant, nous étions vraiment aux petits soins. Je profite de cet article pour mettre en avant ce qui ne transparaît pas toujours derrière l'image d'un site web, d'une page facebook, qui peuvent faire passer un événement pour une "grosse machine", à des fins lucratives.

L'Alps Epic est un pari, de quelques personnes passionnées de VTT, et d'une région. Laurent et Seb, les deux principaux "parieurs", ont eu le rêve de nous faire partager leurs plus beaux spots, sentiers, points de vue, d'une région qu'ils connaissent bien.
 Une telle aventure (320km en 5 jours, 13000m de dénivelés) demande beaucoup de moyens, avant et pendant la course. Pendant la semaine, nous coureurs, n'avions rien d'autre à penser qu'être au départ, rouler, manger, se reposer, manger et dormir. Pour avoir fait d'autres courses à étapes, avec liaisons, logement, nourriture, mécanique à assurer nous-même, la fatigue n'est pas du tout la même. Et pour autant, au bout de 6 jours d'Alps Epic, nous étions déjà rincés !

Alors merci Laurent, Seb, et tous ceux qui étaient derrière et que l'on voyait moins car ils bossaient aussi beaucoup (Lionel pour la sécurité, David pour la mise en place des sites...), de nous avoir concocter une semaine de rêve pour tout VTTiste !

Laurent et Seb, les "patrons" : la passion du VTT, de la montagne...qui ne serait rien sans le partage !

- Pas si dur...?!?

Arrivé en fin de semaine, je n'avais pas l'impression de fatigue que je pouvais avoir à la Cape Epic, où les réveils à 5h sous tente et les petits-déjeuners difficiles m'avaient vraiment usée. Néanmoins, les signes de fatigue étaient là : des saignements de nez réguliers (ce qui ne m'arrive vraiment jamais), un corps qui ne répondait vraiment plus pendant 30 min au début de la dernière étape, pour redémarrer ensuite comme tous les jours. Et une bonne fatigue qui a persisté quelques semaines après. Tout cela sans doute lié au manque de préparation vélo et aux triathlons enchaînés en Juin.

Mais voilà : le confort assuré à côté de l'épreuve du jour, les montées toujours régulières pour atteindre les hauteurs, les supers sentiers et paysages font que l'on n'arrive pas lassé au bout de la semaine.

Souvent une ascension régulière pour démarrer la journée - ici avec le team des canadiens de Whistler, belle rencontre lors de ce séjour - crédit photo Alps Epic - Rémi Fabregue


Et le moins bon souvenir : le retour à la réalité

Dur, le retour en ville, à Gap, à l'issue de cette semaine. Le trafic, les gens peu souriants...qu'est-ce qu'on était bien dans notre petite communauté dans la montagne ! Quitter tout le monde, des au-revoir qui n'en finissaient pas, et chacun qui reprend son chemin.
Assurément une semaine idyllique, que l'on place dans les meilleures expériences sportives que l'on aura pu vivre. Bravo aux organisateurs pour cette première édition sans faille !

Notre petite communauté durant une semaine, des souvenirs impérissables ! - crédit photo Alps Epic

Conseils à ceux qui voudraient tenter l'expérience : préparez-vous en faisant du sport tous les jours quelques mois auparavant, mais en arrivant frais ! L'option hébergement en tente me semble bien : la météo étant plutôt garantie, cela permet de passer des nuits plus fraîches qu'en hôtel. L'équipe d'organisation est aussi parfois mieux à même de préparer de bons repas sportifs que certains hôteliers, pourtant bien mis au courant de nos besoins. Maintenant, les hôtels proposés sont vraiment classe, leur confort conviendra peut-être mieux à certains.

100 places prévues l'an prochain, profitez de ces premières années pour partager le même type d'expérience que ce que nous avons pu vivre cette année !






samedi 23 juillet 2016

8ème aux championnats d'Europe de cross-triathlon, la surprise !

Après quelques semaines bien actives, quelques nouvelles de ces dernières semaines bien actives sportivement.

Je n'ai pas eu le temps de revenir sur le championnats d'Europe de cross-triathlon, lors du XTerra Suisse, qui était cette année la course de plus haut niveau à laquelle je participais. Du coup, l'objectif que j'ai le plus sérieusement préparé, même si tout cela reste très relatif cette année !
La chance a été de mon côté car la pluie est arrivée lorsque nous nagions, pour préparer le terrain d'un VTT devenu bien glissant. Par expérience, je sais que ce sont des conditions qui me réussissent toujours, d'autant plus sur un XTerra où ma technique à VTT fait toujours plus de différence que mes qualités physiques...encore plus cette année !

Sans avoir pu beaucoup nagé 10 jours avant, du fait d'un mauvais virus qui m'a forcée au repos, j'avais perdu beaucoup de force et ma natation n'a donc pas été fabuleuse : sortie 16ème, à 5 minutes de la tête...même si j'apprécie toujours nager, sachant mon manque d'entraînement à VTT, je me dis que le top 10 va vraiment être difficile.

Départ Elite Dame - Photo XTerra Suisse


Mon départ à VTT n'est pas très rapide, mais petit à petit, arrivée dans les zones rendues techniques par la pluie, je m'aperçois que je suis plus rapide, grâce à de meilleures trajectoires et moins d'hésitations. Je remonte petit à petit, sans trop savoir où je me situe. Dans le deuxième tour, je comprends que j'ai vraiment beaucoup remonté, lorsque je double une des favorites, que je ne double d'habitude jamais à VTT, puis lorsque j'aperçois deux autres françaises au loin (Myriam, qui terminera 3ème et Michelle Flipo, vainqueur de l'épreuve). Bien placée à l'issue du VTT, bien dans la course, il peut arriver ce qui arrivera par la suite, je suis déjà super satisfaite de ce déroulement !

7ème à l'issue du VTT et proche du top 5, j'appréhende un peu la course à pied, car mon entraînement en trail n'aura pas été à la hauteur de ce que je pensais faire. Si ma préparation course à pied était correcte début Juin, je pensais basculer sur le trail 3 semaines avant l'objectif. Là aussi, le fait de tomber malade aura bien contraint mes plans. Au bout de 2 km de cette course à pied, ma foulée se met en mode automatique, ça déroule pas trop mal et mon cerveau commence petit à petit à déconnecter : si j'arrive à ne pas cogiter, ces 10 kms devraient bien passer ! 
Arrivés au 4ème kilomètre, on entame la vraie partie trail, avec montée raide et glissante. Pas de surprise, j'avance plus lentement, mais sûrement. Carina Wasle me double en descente et je peux apprécier sa belle foulée sur le plat ensuite : je n'ai assurément pas la même, mais ça fait rêver ! On entame le deuxième tour, le but est de ne rien lâcher. Je me concentre sur ma foulée, ma posture, pour ne pas partir sur une mauvaise gestuelle du fait de la fatigue. Je ressors mon registre des "pensées positives et motivantes" pour ne pas flancher mentalement et garder le bon rythme.

A peine reconnaissable ! - Photo TRI Max


A 2 km de l'arrivée, David m'encourage et me dit que c'est super car j'ai encore une belle foulée, je comprend à son ton qu'il n'y a personne derrière. Je passe la ligne soulagée et vraiment très satisfaite de cette 8ème place qui me paraît assez exceptionnelle à la vue de ma préparation cette année, les conditions humides ayant changé la donne. Même si je regrette tout le nettoyage après course, je dois dire que j'aime le VTT dans ces conditions. Tout simplement, j'aime le VTT lorsque cela requiert de la technique, du pilotage et de l'engagement. 
Transition toute trouvée avec la suite de la saison une semaine après ces championnats, 6 jours de VTT dans les Alpes lors de l'Alps Epic : beaux paysages, beau VTT, une semaine en petite communauté avec une bonne partie de copains et connaissances du milieu du VTT...mais le programme est chargé : 320kms et 13000m de D+ environ !

Une petite photo et c'est parti pour le lavage !
Pour conclure, un grand merci à David qui m'a préparé un vélo au top pour la course, et aidé pour tout le reste ! Merci à Organi'coach, Nico et Alex en particulier, pour leur sympathie, disponibilité et conseils toujours avisés ! Merci à mes partenaires matériels, en particulier Rotor et Astérion pour les roues préparées la semaine avant la course, au top comme toujours !



samedi 18 juin 2016

Retour sur début 2016

La saison 2016 est déjà bien entamée et je n'ai pas fait un suivi de mes courses sur ce blog car c'est une année "de transition", et mon attention n'est pas focalisée sur de gros objectifs.
Les grandes saisons sportives sont souvent préparées les années précédentes : on se constitue un environnement et un contexte favorables pour se consacrer au sport, puis lorsque tout cela est stabilisé, on se dit : l'an prochain, c'est objectif(s) !

Dans mon cas, 2016 est l'année où je reprends de nouvelles marques après un changement professionnel en ce début d'année. On pourrait parler d'une "reconstruction" de ce côté là, tant les derniers mois avaient été difficiles moralement dans une grande entreprise prise dans les tourments de la mondialisation, et qui préparait l'externalisation d'une partie de son personnel. J'ouvre et je referme cette parenthèse car là n'est pas le sujet, même si ma baisse de motivation et fatigue en fin de saison en 2015 y étaient forcément liés.

Cette année est donc synonyme de préparation à la maison, courses dans un périmètre pas trop éloigné de chez moi, moins de temps pour les compétitions et plus pour d'autres activités auxquelles on se consacrait moins les années où nous étions toujours focalisés sur nos saisons sportives.

BF5 en poche

J'ai profité de cet inter-saison pour passer le BF5 d'initiateur triathlon, soit le premier niveau de formation bénévole pour nos clubs de triathlon.

J'avais cela en tête depuis quelques temps, sans doute du fait d'avoir eu la chance de rencontrer de bons coachs qui nous ont transmis leur passion de l'entraînement et de l'encadrement sportif.
Je l'ai passé en triathlon plutôt qu'en VTT parce que je peux davantage mettre en pratique dans mon club les week-ends. Nous avons à Belfort une école de triathlon forte de plus d'une cinquantaine de jeunes entre 6 et 16 ans !
Passer le BF5 m'a remotivée personnellement à plusieurs niveaux : le fait de partager son expérience et aider les autres me donne actuellement plus de satisfaction que m'occuper de moi-même. Dans ma tête les choses ont évolué, je vois les années où j'apprenais, progressais et avais plein d'objectifs plutôt derrière moi. Et ce que je fais maintenant, comme du bonus.

Si je peux revivre cela à travers les autres, c'est tout aussi bien... Il ne s'agit pas de vouloir mener tout le monde (ou pire, seulement certain) à la compétition de haut-niveau, mais plutôt de faire imprégner le sport à chacun comme un fil conducteur de leur vie, qui fera partie de leur hygiène de vie et leur apportera un équilibre et un moyen de progresser personnellement. Et d'être en bonne santé avant tout !
Je suis vraiment très contente des retours que j'ai pu avoir jusqu'à maintenant, nos jeunes sont très réceptifs, appliqués et demandeurs. Certains sont même devenu mordus de VTT à force de travailler le pilotage et la technique à l'entraînement (pas souvent le fort des triathlètes !)

Cela m'a aussi reboostée pour ma propre préparation. J'ai découvert et redécouvert des façons de réfléchir à ma programmation de l'entraînement ou de chaque séance qui font que ma préparation personnelle est plus riche, plus ludique, plus qualitative encore.

Merci à nos formateurs qui ont partagé leur connaissance, leur passion, leur expérience, et rappelé que le triathlon doit se pratiquer se façon raisonnée et raisonnable, pour un sport vertueux, durable et respectueux de la santé !


A l'entraînement, peu de volume, toujours un peu plus de qualité

Il m'a fallu revoir mes entraînements pour pallier à la baisse de volume horaire liée à mon nouveau rythme. Je tourne autour de 6-8h cette saison, avec peu de vélo, surtout du fait de la météo catastrophique les week-ends cette année.

Je compense donc avec la natation, la course à pied, et des séances de renforcement musculaire, abdos-gainage-proprioception...et ça, c'est la nouveauté pour moi cette année. Les séance de "toutouyoutou" comme dit mon homme, étaient pour moi destinées aux personnes qui voulaient faire du sport en intérieur pour "travailler l'esthétique". Pas forcément ma conception du sport, qui doit être en extérieur et ludique avant tout.

Et pourtant, je pense maintenant qu'en triathlon, il est vraiment essentiel de passer du temps sur ces activités, d'autant plus lorsqu'on vient du cyclisme comme moi.
En course à pied, il est essentiel d'être gainé pour avoir une bonne posture, surtout à la fin d'un triathlon ou la fatigue se fait bien ressentir et où l'on commence alors à courir en étant à moitié "assis" en en force.

En natation, on ne nage pas qu'avec les bras, les épaules, les dorsaux...pour s'appuyer sur l'eau et pousser, il faut utiliser ses abdominaux. Pour nager droit, il faut être gainé. Cet hiver, j'ai travaillé ma technique de façon différente et j'ai clairement senti que je n'utilisais pas assez mes abdos auparavant en nageant, que ma technique ne pouvait pas être efficace. Je vois la différence maintenant : avec le même nombre de séance qu'avant (2 x 1h/semaine), j'ai gagné 1 à 2 minutes et je sors beaucoup moins fatiguée et courbaturée sur un 1500m.

A ce sujet, je conseille la lecture de ce livre sur la technique du crawl, cela 'a permis de réorienter mon travail technique et m'a beaucoup aidé : http://www.natationpourtous.com/services/plaisir-de-nager.php



En ce qui concerne les séances de renforcement musculaire, je suis les vidéos  "Fitness Master Class" et la page FB de Lucile Woodward, qui a une bonne approche et donne de bons conseils. Et je ne fais pas la fière : tenir une séance entière n'est pas toujours facile !

Et en course...

Au niveau de mes participations depuis ce début d'année : un peu de trail, un cross-duathlon, deux triathlons sur route, un raid multisport...

Et surtout une épreuve de VTT sur 4 jours en équipe de deux avec mon homme en Croatie, la 4 Islands Stage Race. Une super épreuve, de beaux paysages, une très bonne ambiance entre les équipes mixtes, du VTT tout simplement : cela reste tout de même mon sport de prédilection !
Et une bonne expérience en couple, avec les hauts et les bas inhérents à la compétition sportive partagés à deux : partis assez mal le premier jour, nous avons réussi à bien remonter au fil des jours, mais toujours en restant détendus et vraiment heureux de pouvoir vivre une telle expérience. Merci David d'avoir organisé tout cela !

4 Islands Stage Race - Les 6 premières équipes mixtes ; sud-africains, allemands, croates, hollandais, français...le plaisir des échanges et rencontres sur les courses à l'étranger


Au niveau local, quelques victoires qui font plaisir : victoire sur le trail du Salbert (Belfort), sur le cross-duathlon de Belfort, et sur le triathlon M de Belfort. Bref, Belfort, pour l'instant, c'est chez moi :)


Avec le ballon d'Alsace en fond - Photo Thierry Sourbier - OnlineTri

De bons progrès en course à pied, en natation...plus dur à vélo car le volume reste important dans cette discipline. Sans faire de grosses semaines, j'ai conservé une très bonne endurance, une bonne récupération. Ce qui me fait me dire que ce sont des qualités que l'on perd moins vite que d'autres et que l'on peut encore conserver quelques années avec de l'entretien.

La semaine prochaine, je participerais au XTerra Suisse, championnat d'Europe cross-triathlon. Cela se fera sur la fraîcheur car ayant été malade cette semaine, ma préparation déjà un peu juste en a un peu plus pris un coup !
Puis une semaine de VTT à l'Alps Epic, en équipe à nouveau avec David. Découvrir les Hautes-Alpes sur une semaine de VTT avec quelques amis de longue date : "A quand de vraies vacances Coralie !?", comme me dirait mes collègues... Je ne vois pas pourquoi :)

dimanche 1 mai 2016

Santé, physiologie, nutrition : de la nouveauté !

Je reprends le fil de ce blog après une petite pause hivernale. Le temps me manquait un peu, et mon esprit était bien plus occupé à la mise en place d'une nouvelle organisation après un changement professionnel qui découla d'une longue période de réflexion.
Le sport n'était donc pas un premier plan cet hiver, la préparation d'objectif non plus. "Sport santé", "sport décompression"...cela reste en tous les cas toujours l'occasion de tester de nouvelles façon de s'entraîner, afin de conserver la motivation.

La période hivernale permet aussi plus facilement d'avoir du temps pour lire ou s'informer de façon plus générale.
Nous avons eu la chance de pouvoir participer à une conférence d'une journée en ce début d'année au centre sportif de Mulhouse, sous l'initiative du Dr Matter,  sur la nutrition. Très intéressante, puisqu'il y avait entre autres Denis Riché, LE nutritionniste des sports d'endurance mondialement reconnu, et co-fondateur d'une de nos revues fétiches, Sport et Vie et "gourou" de la micronutrition (= alimentation ciblée pour chaque personne pour une santé optimale)

Si je connaissais déjà assez bien les idées via ses livres et la revue, la conférence a permis de mettre en évidence les dernières recherches en terme de nutrition sportive. Et nous avons appris beaucoup !



Manger bien, c'est bien, mais..

En résumé, il ne suffit pas de mettre dans son assiette au quotidien les meilleurs nutriments, encore faut-il pouvoir correctement les assimiler.

Car le grand problème souvent, et encore plus pour les sportifs, c'est la perméabilité de nos intestins.
Lorsque l'on fait du sport, surtout en compétition, à haute intensité, longtemps, l'intestin n'est plus correctement irrigué. D'où, petit à petit, une fragilisation de nos muqueuses intestinales. Ce phénomène "d'ischémie-reperfusion" génère encore plus de radicaux-libres (que déjà produit par l'exercice physique normal) qui vont attaquer la barrière intestinale.

Les symptômes d'un intestin trop perméable : troubles digestifs, maladies infectieuses plus fréquentes, inflammations, atteintes cutanées...la liste peut être longue.
Mais on peut aussi aller plus loin : le "méchant gluten", au lieu d'être évacué, passera la barrière intestinale pour perturber toutes sortes de recepteur endocriniens (=hormonaux), ce qui pourrait être à l'origine de troubles importants pouvant même toucher notre système nerveux. En réalité, peu de gens seraient vraiment intolérants au gluten, ce dérivé des produits céréaliers hyper sélectionnés et manufacturés de notre alimentation moderne, mais il passerait surtout beaucoup trop souvent au-delà de certaines barrières.

Alors, les conseils pour les sportifs, afin d'éviter ces désagréments qui à long terme, peuvent ruiner la carrière du plus talentueux espoir sportif du fait de blessures à répétition, fatigue importantes, contre-performances sur contre-performances et baisse de motivation :

 - toujours bien s'hydrater à l'effort, mais avec une boisson qui contient du glucose !!! Le glucose permet de corriger l'acidité au niveau de l'intestin.
- après l'effort, veiller à rétablir rapidement l'équilibre, par une boisson sucrée, non acide : les laitages sucrés sont conseillés !
- éviter absolument sauf nécessité avérée les anti-inflammatoires, les antibiotiques, qui détruisent la flore intestinale. Prendre ces médicaments par auto-médication est bien souvent une hérésie !
 - bien intégrer les bonnes huiles végétales dans son alimentation, avec par ordre de préférence : colza, olive, noix... Alors oui, ce sont des graisses, mais il a été prouvé qu'un régime sans graisse ne contribue pas à la perte de masse adipeuse, au contraire ! A l'inverse, consommer de bonnes huiles y contribue. Alors.... 
 -et bien sûr, afin de rester bien hydraté et d'avoir un équilibre acido-basique optimal : manger des fruits et des légumes !

Durant la conférence, il a été ensuite mis en avant que nos intestins de sportifs sont bien souvent trop fragilisés par nos pratiques, que notre flore intestinale n'est souvent pas optimale. Ce pourquoi nous ne pouvons pas toujours assimilés les bons nutriments que l'on retrouve dans nos assiettes. Par exemple, une personne souffrant de carence en fer et prenant du fer en comprimé tous les jours sans observer d'amélioration doit considérer qu'il y a sans doute une carence de bactéries qui favoriseraient son absorption.

Ce pourquoi, souvent, lorsqu'on arrive dans une impasse, il est utile de se demander si il ne faudrait pas repeupler ses intestins avec les bons agents, par des probiotiques bien ciblés.
Certains athlètes présents ce jour-là le disent : "après des années à faire du sport sans veiller à une bonne alimentation et hygiène de vie, mes performances chutaient, mes problèmes augmentaient, j'ai eu envie d'en finir. Une bonne alimentation m'a permis de rectifier le tir, mais j'avais encore des soucis trop récurrents, liés sans doute à certaines carence en dépit de mes efforts. Je prends des probiotiques tous les jours depuis quelques années..et je vais bien, la santé et les performances sont là, durablement".

Vous trouverez d'autres articles sur le net, par exemple celui-ci, pour aller plus loin :



Un best-seller qui le vaut bien : "le charme discret de l'intestin"

Alors, après toutes ces découvertes vraiment très instructives, j'ai succombé à ce livre présent sur tous les étalages, du libraire au supermarché : "le charme discret de l'intestin", par une jeune étudiante en médecine allemande, spécialisée dans la gastro-entérologie.


Il s'agit d'une vulgarisation de l'état de la recherche sur le système digestif et plus particulièrement, le rôle des bactéries dans nos vies. Car comme elle le rappelle : notre corps est constitué de davantage de bactéries que de cellules : on pourrait presque dire que nos bactéries tolèrent nos cellules.

Ce livre permet vraiment de rebondir sur les informations données lors de la conférence. Mais par rapport à l'utilisation des pro-biotiques, il est expliqué que l'actions des probiotiques s'arrêteraient lorsque l'on arrête d'en consommer. Il faut donc plutôt veiller à favoriser les "pré-biotiques",

Les pré-biotiques sont le carburant des bonnes bactéries, mais pas celui des mauvaises. Il s'agit bien souvent des fibres alimentaires, ou de l'amidon. D'où, encore une fois, la nécessité de manger des fruits ou des légumes. L'auteur préconise de manger beaucoup, souvent, ce qui nous convient le plus. Moi perso, j'adore la salade de céleri faite maison, mais mon compagnon n'en raffole pas, peut-être parce que mes bactéries l'apprécient mais pas les siennes :)

Parce que les bactéries commandent tout ! Les bonnes comme les mauvaises. De mauvaises bactéries pourraient être liées à des problème d'obésité chez certaines personnes. Ce sont des bactéries qui peuvent interagir sur notre cerveau, en inhibants les habituels messagers de la satiété car elles en veulent toujours plus...

Le passage sur la toxoplasmose m'a bluffée. Cette bactérie, c'est celle que l'on recherche chez la femme qui est, ou se prépare à devenir enceinte car elle peut tuer le foetus.
Elle provient de l'intestin des chats : c'est là qu'elle se développe. Ailleurs, elle veille, comme chez les personnes qui ont déjà été à son contact et qui peuvent très bien vivre avec.
Plusieurs études ont montré un phénomène assez impressionnant : des rats ou des souris, qui avaient été en contact avec la bactérie, n'ont plus peur de leur prédateur favori, à savoir le chat ! La bactérie a ainsi toutes les chances de pouvoir retourner un jour dans un intestin de chat...
Des études ont été faites sur les humains pour voir si dans des cas de "perte irrationnelle du sentiment de peur", la bactérie pourrait être impliquée. Elle se serait davantage que dans la moyenne de la population, dans le cas d'accidents de la route issus de situation périlleuses. Au moment de la rencontre de la bactérie avec notre organisme, dans la période d'inflammation, le danger serait plus important.

Comme l'a donc bien résumé l'auteur : " Cette découverte sonne une nouvelle ère. [...] Une ère dans laquelle nous commençons à comprendre combien nous sommes intimement liés à notre nourriture, à nos animaux et au minuscule peuple qui nous habite. Un scénario terrifiant ? Un peu, peut-être. Mais surtout passionnant : pas à pas, nous allons pouvoir décoder des processus que nous devions jusqu'ici supporter comme les coups du destin. Nous allons pouvoir saisir à bras-le-corps les risques qui font partie de notre vie. Il suffit parfois de peu - une litière propre, de la viande bien cuite et des légumes lavés".

En résumé, un livre bien écrit, parfois même drôle, qui permettra à tout le monde d'en apprendre un peu plus sur notre fonctionnement interne, ce qui est toujours bon pour se donner de bonnes pistes pour changer son alimentation, son hygiène de vie, et voir si on se sent mieux. Pour parfois aussi ne pas chercher les problèmes dans les situations de nos vies, mais peut-être aussi dans nos règlements et réactions internes. Les classiques manque de magnésium, manque de vitamine D, sont à l'origine de bien de soucis parfois, et peut-être pas seulement parce que nous n'en consommons pas, mais parce que nous ne l'assimilons pas !

Sur ce, bonnes lectures et bonne recherches à tous !

vendredi 6 novembre 2015

Clap de fin de saison !

Voilà un petit moment que la saison s'est terminée. La dernière course était au Roc d'Azur il y a un mois, et pour moi il était temps que cette coupure arrive. 

L'envie et la motivation ne sont plus les mêmes qu'avant. 
Conjuguer travail et sport de compétition, c'est un peu comme être tout le temps en préparation et période d'examen : on se concentre sur l'objectif, on travaille beaucoup et cela nécessite un certain isolement par moment : dans un emploi du temps serré et avec des objectifs précis, l'entrainement en groupe ou en club n'est pas toujours évident. D'autant plus lorsqu'on se partage entre deux disciplines, comme je le fais entre le triathlon et le VTT.

Si j'ai longtemps apprécié vivre de cette façon, j'ai maintenant envie de profiter d'un rythme plus calme, de faire du sport comme j'ai envie, quand j'ai envie et de participer à des courses dans un état d'esprit différent.
Tout n'est pas simple non plus dans mes activités en dehors du sport actuellement ce pourquoi je pense que j'ai besoin de chercher d'autres valeurs dans le sport, et notamment un peu plus de détente, convivialité et partage que dans la compétition de haut niveau où la concentration et le sérieux sont de rigueur.

Pas de tristesse ni de regrets, tout cela n'est qu'un passage vers sans doute autre chose. Si j'ai bien en tête quelque chose depuis toutes ces années, c'est que la compétition de haut niveau et les résultats ne doivent pas être une raison d'être. C'est le plaisir de ce qu'on fait et tout ce que cela engendre dans le cadre de nos vies qui est le plus important. 

La compétition et les résultats peuvent apporter énormément, plus que je ne pensais même. 
Mais il faut être disposé à pouvoir la pratiquer dans un contexte favorable : du temps, de la motivation, la santé et la forme, un entourage favorable, pas de pression financière, pas de soucis, de la stabilité, etc... Cela fait beaucoup, mais ce qui est aussi vertueux dans le fait d'avoir des objectifs bien fixés, c'est que l'on s'efforce de simplifier nos vies, en dépit des aléas que l'on rencontre, afin de garder le cap. 
Pour ma part, dans un contexte professionnel pas toujours facile, je pense que cela m'a permis de conserver une bonne énergie et arriver à m'en sortir dans les périodes les plus stressantes grâce au recul nécessaire à adopter pour rester en forme. J'ai été souvent le plus efficace dans mon travail aux périodes où je devais aussi le plus me concentrer sur mes objectifs... 

Notre corps est une formidable machine qui peut révéler en nous une personne que l'on ne soupçonnait pas. J'ai appris à le respecter, et si il me donne des signaux de fatigue ou maladie, je l'écoute.
Je ne sais pas d'où me vient cette notion, sans doute de mon enfance, de mon éducation, mais je pense que c'est une base que tout athlète doit avoir. Pour savoir se préparer et être au top au bon moment, mais aussi pour éviter certaines dérives du sport.

Je sens une petite fatigue actuellement, sans doute légitime si je repense à ces dernières années. Je vais donc lever le pied, sans arrêter le sport qui fait avant tout partie de mon équilibre et mon hygiène de vie.
J'apprécie en ce moment toujours autant nager, courir, faire du VTT (surtout en ce bel été indien dans nos montagnes vosgiennes). Et j'ai quelques idées de participation pour 2016, principalement en VTT.

Je ne sais pas si je continuerai ce blog sous cette forme, ou si il renaîtra sous une autre forme, mais raconter mes courses et ma préparation sera sans doute pas ma priorité en 2016 :)

Merci à tous ceux qui m'auront fait des retours positifs sur ce blog suite à leur lecture, ce qui m'encourage à continuer l'écriture de billets ! :)

Pour finir, petite image d'une session VTT dans nos Vosges en cet Automne...avec un dernier clin d'oeil en cette fin de saison à tous les partenaires matériels qui m'auront suivis sur ma plus belle et grande aventure cette année. 

Merci Andy d'OPEN, Kappius, Fred de Rotor, Laurent de Hope et Jeff, mon partenaire et ami de cette Cape Epic à qui je dois avant tout cela !




mercredi 30 septembre 2015

Mondiaux de cross-triathlon en Sardaigne : à la porte du top 10 en élite

La saison de triathlon s'est achevée le week-end dernier en Sardaigne, dans un cadre qui est sans doute le plus beau de tout ceux que j'ai connus jusqu'alors : eaux cristallines, chemins dans un massif évoquant l'Esterel, les odeurs d'eucalyptus en plus et course à pied en bord de mer.

L’événement était très bien organisé, nous étions installé dans le camping qui accueillait l’épreuve et tout était donc sur place. Le travail terminé et le trajet effectué, nous pouvions souffler deux jours avant la course tout en faisant nos repérages.

Le site de la course dans le secteur d'Orosei (Cala Ginepro)


La récupération après Gerardmer, les derniers ajustements

Une certain fatigue s'est installée progressivement cette saison et j'étais donc plutôt sceptique sur mes dispositions pour cette course. Non pas une fatigue physique, mais plutôt psychologique, consécutive à toutes ces années passées à concilier travail et sport de compétition. Je pense que cela exige plus de sacrifice que pour quelqu'un qui peut faire ce sport à 100% (rare), ou au moins, ceux qui connaissent de longues périodes de vacances, comme les étudiants. Bien sûr, nous acceptons ces sacrifices car le sport enrichit nos vies, mais parfois, on aimerait pouvoir laisser le temps passer pour récupérer et profiter davantage d'autres plaisirs de la vie. Ce sentiment m'aura accompagné toute cette saison, en dépit de mes bons résultats. Je sentais qu'il était temps de faire une pause cette année, mais j'avais besoin de me reconstruire après une année 2014 un peu plus difficile, et le projet de la Cape Epic m'a effectivement permis de rebondir de la meilleure façon qu'il soit.

Ce mois de Septembre aura été peu reposant, avec un travail assez fatigant nerveusement (et la fatigue post-triathlon XL de Gerardmer n'aura pas aidé à bien récupérer sur ce plan là). J'ai eu plus de mal à me concentrer sur les échéances sportives et le soutien de "coach André" (Quet) en cette fin de saison m'aura permis de limiter les dégâts.
Nous avons plutôt travaillé sur ma récupération sur le plan nerveux les dernières semaines. D'habitude, nous nous basons sur les tests de variabilité cardiaque, effectués le matin au réveil (8' allongé / 7' debout). Après analyse des courbes HRV via le logiciel Kubios, l'interprétation permet de savoir quel type de fatigue nerveuse prédomine : celle du système parasympathique ou celle du système sympathique, qui sont antagonistes. Pour résumer, si le "para" prédomine, le corps est davantage prêt à "réparer" (calmer l'activation nerveuse de tous nos organes/muscles), si au contraire le sympathique domine, le corps est plutôt prêt à activer tout le système, ce qui peut conduire à une certaine fatigue, ou au surentraînement.

N'ayant plus de quoi prendre mes courbes HRV les derniers temps, nous nous sommes plutôt basés sur mes courbes cardiaques à l'entraînement et au repos, et mes sensations au quotidien : nervosité, humeur, sommeil, appétit et motivation en terme d'entraînement (envie de faire du long/du court, motivation pour les séries courtes/longues etc...).
J'étais assez tendue en ce mois de Septembre, et fatiguée lorsque la tension disparaissait. Parfois moins l'envie d'aller m'entraîner du coup, mais je sentais qu'après une bonne séance, mon système nerveux était apaisé et les batteries rechargées. Il était donc important de réactiver le système parasympathique dans mon cas, ce qui s'est fait à l'aide d'entraînements plus courts et des séries plus souvent courtes. Finalement assez peu de VTT, tout juste assez pour retrouver un bon pédalage (pour la motricité en particulier) et un bon pilotage.
En natation, nous avons fait un travail plutôt technique, avec intégration d'un travail de vitesse pour bien imprimer les acquis. Mes sensations étaient bonnes et la motivation aussi, j'ai senti de réel progrès en bassin.

Petit à petit, j'ai retrouvé beaucoup d'énergie à l'entraînement, malgré toujours une certaine tension à côté. A vélo, les jambes tournaient vite et je pouvais mettre de la force, en course à pied je pouvais aller vite. En natation, je pouvais mettre de la force au niveau de mes bras et enchaîner les séries courtes sans problème. D'excellentes sensations donc, plutôt rares dans une saison, qui m'ont surprise mais redonné confiance pour la course.

La course parmi les élites

Je me réjouis toujours de faire une course de haut-niveau, car je sais qu'il y a plus de concurrence et qu'il faut du coup donner encore davantage le meilleur de soi-même.
Beaucoup de nations étaient présentes à ce départ de la course élite, où nous étions 24 filles : nations européennes, mais aussi des athlètes du Mexique, des Bermudes, de Nouvelle-Zélande, Chili, Afrique du Sud, Brésil...
La plupart des autres filles concourraient pour la course "amateur", en catégorie d'âge. Elles étaient bien plus nombreuses que nous au départ ! Je choisis pour ma part de m'aligner sur la course Elite car je préfère justement me frotter aux meilleures, même si je n'ai souvent pas la même expérience ou les mêmes conditions pour m'entraîner et pouvoir prétendre à un résultat de haut-niveau. En même temps, la course serait triste avec 10 filles au départ !

Nous étions la première course de ce week-end de triathlon, ce qui est bien pour pouvoir profiter ensuite des autres courses et encourager les autres, mais qui pour moi était un peu moins bien car j'aurais aimé pouvoir monter en pression avant ma course en regardant les courses des autres. Cela m'aurait forcé à me concentrer davantage sur les aspects techniques importants sur une course de ce niveau, comme les transitions, que j'ai trop négligées.

Réveil à 6h en ce samedi matin, petit déjeuner et dernier préparatif, pour une course à 9h. On prépare les affaires sereinement, l'ambiance est un peu plus détendue que le jour précédent où on sentait pas mal de tensions parmi les concurrentes habituelles.

Avec Eléa, la représentante française chez les U23, avant le départ - Photo OrgaNICOach


Appel sur la plage après le départ des hommes pour une mise en ligne côte-à-côte.

Le départ dame élite - Photo OrgaNICOach

Le départ donné, j'essaie de m'accrocher à un groupe en me calant dans la vague de la concurrente à ma droite, je perds le contact au bout de 300m et ne fais pas forcément l'effort à ce moment là pour raccrocher. Là, je me rappelle que l'on n'est pas nombreuses et qu'il va me falloir sans doute nager seule en me retrouvant à l'arrière...cela me rappelle le mauvais souvenir des championnats d'Europe, mais cette fois, j'ai le sentiment d'être bien dans l'eau, l'orientation n'est pas un problème car on voit le fond même au large et les bouées ne sont pas très distantes.
Je fais donc ma petite natation, de temps en temps je sens qu'on me touche les pieds ou j'aperçois quelqu'un sur le côté : je ne suis pas seule, mais pour une fois, c'est de moi que l'on profite.
Sortie à l'australienne, comme d'habitude, je sais au fond de moi ce que je dois faire et où aller, mais je me laisse perturber par l'arrivée d'autres filles sur la plage, qui sont en fait de la course Junior qui part après. Ce qui me fait perdre bêtement quelques secondes.
Sortie de l'eau, plutôt contente malgré tout de ma natation, David m'annonce que j'étais dans le dernier groupe avec Sandra Kobelmüller (la Speedy Gonzales en course à pied) et qu'il y a un groupe à 2 minutes. Waouh...dur, pour quelqu'un qui se sentait bien dans cette discipline les derniers temps. C'est vrai que je n'aurais pas du tout eu les mêmes sensations qu'en bassin, que ma technique était sans doute déplorable et les freins nombreux. Décidément, pour une ancienne nageuse, j'en bave vraiment avec la natation en course malgré mes efforts. C'est comme ça, il faut parfois beaucoup de temps pour progresser, et beaucoup de remises en question.

Je repars donc à VTT sans personne devant, j'ai un peu de mal à trouver de bonnes sensations au départ, puis ça revient. Je rattrape en fait assez vite les filles devant moi, plus vite qu'aux championnats d'Europe en fait, ce qui me redonne espoir.
Dans un sentier technique, je rattrape deux filles qui bloquent d'abord un junior devant moi, puis me bloquent avec le même zèle, même le sourire aux lèvres pour l'une d'entre elle. J'hallucine de ce manque de fair-play, dommage que l'on ne puisse pas faire de même en course à pied, j'aurais sans doute pu gagner une place si j'avais le même mauvais état d'esprit que cette concurrente. 

Au fuR et à mesure, messensations deviennent meilleures, je ne fais plus aucune erreur technique ou de pilotage dans le second tour et continue de remonter au classement, pour finalement poser le vélo en 9ème position. Dommage que je n'ai pas pris le temps de travailler un passage technique, qui permettait de gagner environ 5'' par tour, ce que David m'avait indiqué. Il m'aurait en fait été bien utile... Je prends malgré tout le 5ème meilleur temps, ce qui est plutôt bien compte tenu du fait que j'ai eu le sentiment de peu travailler à VTT en Septembre.

Photo OrgaNICOach


C'est parti pour 9kms de course à pied, en partie sur la plage et dans le sable. Déplaisant, mais c'est pour tout le monde pareil ! Mes sensations ne sont pas trop mauvaises, je débranche le cerveau pour ne pas penser qu'il faut faire 3 tours, donc 3 passages sur la plage ! On m'annonce que je ne suis pas loin de Renata Bucher et que je gagne un peu de temps, ce qui renforce la motivation.
Fin du premier tour, je passe vers la "penalty box" et vois mon numéro affiché. Première fois que j'y ai droit, sur un championnat du monde, c'est sympa. Je pense alors que c'est parce que j'ai jeté ma bouteille d'eau depuis l'extérieur de la zone, dans la zone malgré tout. Je me dis que peut-être c'est un mal pour un bien, je repartirais avec un bon geste et cela sera bénéfique.
En effet, mon deuxième tour sera très bon et je reprendrais pas mal de temps.

Photo OrgaNICOach

Au troisième tour, sans m'en rendre compte, la technique doit être moins bonne et je commence à courir un peu moins vite. Ce qui profite à deux concurrentes qui reviennent. Je m'accroche malgré tout, surtout lorsque David m'annonce qu'une des deux a une pénalité, qu'elle va devoir donc s'arrêter 15'' avant la ligne d'arrivée, qu'il faut donc que je réduise l'écart entre nous. Je m'accroche donc pour ces 500 derniers mètres, je commence à respirer vraiment fort et tout mettre en place dans la tête pour donner le maximum, la concurrente s'arrête dans la penalty box, je passe, puis quelque secondes après, je me fais déposer à 10m de la ligne d'arrivée par elle.

Je pense être 10ème donc je me dis que ça n'est pas grave, en fait, je serais 11ème : pas de top 10, pas de prize money...dégoûtée ! Nous arrivons à 4 en 30" et j'ai la plus mauvaise place de ce groupe :)

La leçon du jour (si je ne l'avais pas déjà apprise un jour...) : chaque seconde compte et sur une course de ce niveau, il ne faut rien rater.
Pourquoi j'ai pris 15'' de pénalité : parce que j'ai négligé ma zone de transition et je n'avais pas rangé toutes mes affaires à l'issue du vélo. Gros moment d'absence, que j'aurais évité en visualisant ma transition comme on doit le faire à la fin du vélo.
C'est 15'' qui m'ont fait perdre une place, mais on ne refera pas la course. J'ai surtout perdu trop de temps en natation, mon temps m'a démoralisée après course. Ça n'est pas comme si j'avais fait un an de sport-étude en natation plus jeune et comme si je n'aimais pas ce sport...c'est donc un peu difficile à digérer. La natation en eau-vive et en compétition de triathlon n'a vraiment rien à voir avec le fait de nager en bassin. Et j'ai peut-être trop nagé en piscine cette saison.

Malgré tout, je suis contente car grâce à "coach André", j'aurais été au top de ma forme malgré tous les aléas de Septembre. J'aurais pu avoir cette place dans le top 10 et c'est très satisfaisant pour un championnat du monde en élite. L’événement et le cadre étaient super, un très bon week-end de triathlon. Le lendemain, nous aurons encouragé les "groupes d'âge" sur leur course et l'ambiance était du tonnerre pour la dernière course (celle des dames et des plus de 50 ans). On aura beaucoup ri et crié, notamment grâce aux supporters allemands. La cérémonie de clôture, autour d'un dîner sarde, aura permis de regrouper tout le monde une dernière fois et aura été conclue par un plongeon général dans la piscine de l’hôtel. En même temps, regrouper des triathlètes autour d'une piscine, c'est risqué !

Nous aurons fait quelques nouvelles connaissances, françaises et autre, malgré le fait que nous soyons venus de notre côté. La délégation française n'était malheureusement pas aussi soudée que celle des autres nations que l 'on a pu croiser. Le représentant de la fédération se sera bien occupé des groupes d'âge le dimanche (en donnant des conseils comme le fait qu'il fallait enlever les prolongateurs sur le vélo, ou qu'une moto suivrait les coureurs avec arbitre pour donner des pénalités en cas de drafting (autorisé sur la course)...). Mais les élites le samedi n'auront vus personne. Heureusement que Nicolas Lebrun, en assistance de nombreux coureurs via son team "OrgaNICOach", sera volontairement venu nous apporter son soutien et des encouragements et indications précieuses pendant la course. Nous étions de nombreux français, plusieurs d'entre nous ont fait des podiums dans leur catégorie d'âge ou des places d'honneur en élite. Dommage que nous soyons passés si inaperçus en dehors de la course et des podiums.

Bravo à David, qui a gagné la course Open en faisant un meilleur temps que le mien (grâce à un très bon VTT). Il aura même fait un meilleur temps que moi en natation avec très peu d'entraînement : j'en croirais presque que ça ne sert à rien de s'entraîner... J'ai vraiment dû apprécier d'être dans ces eaux cristalline pour y passer autant de temps, ou j'ai dû trop longtemps suivre une raie au fond que l'eau qui m'aura déviée du bon chemin :)

Nous profitons maintenant de quelques vacances reposantes en Sardaigne avant de terminer la saison au Roc d'Azur (Roc Marathon et Roc Dame pour moi). "Enfin (presque) des vacances à rien faire !" comme diraient certains !


Lever du jour à Cala Fuili, le paradis des grimpeurs, pour la suite de nos périple en "VW-Bus"



dimanche 6 septembre 2015

XL de Gerardmer : encore une leçon !

Après une participation très marquante pour moi en 2013 sur ce triathlon XL de Gerardmer, du fait de la difficulté que j'avais éprouvée en course à pied, j'avais envie de remettre cela cette année. Avec deux années d'expérience en plus, j'espérais terminer cette course dans de meilleures conditions et améliorer mon chrono. Cette course, avec ces 1,9km  de natation, 93km de vélo (pour 1800m de D+) et 21km de course à pied, est sans doute une des plus belles en France, une des plus plébiscitées (difficile d’obtenir sa place quand on s'y prend trop tard... 3 mois avant, c'est déjà trop tard !), mais aussi une des plus dures.
Mais le public, l'ambiance, l'organisation, les paysages des Vosges, tout est là pour donner envie de se surpasser et terminer. C'est pour cela que malgré la difficulté que tout le monde éprouve, on est suffisamment fou pour vouloir remettre ça.

Pour moi, il ne s'agissait pas d'un objectif prioritaire cette saison, l'objectif étant plutôt fin Septembre avec les mondiaux de cross-triathlon. Mais c'était tout de même une étape à ne pas rater.

La motivation commençant à décroître tout doucement cette saison, il commence à devenir plus difficile de m’entraîner seule. L'impression de tourner en rond, malgré une bonne forme. Je fais mes plans d'entraînements parce que cela me plaît d'apprendre par moi-même comment progresser, et parce que je me connais bien. Et aussi parce que j'ai aussi eu de très bons coachs, en cyclisme et en triathlon, qui m'ont appris beaucoup lorsqu'ils se sont occupés de moi.
Malgré tout, je pense qu'à certains moments, on ne peut plus progresser seul, et que si on a la chance d'avoir l'opportunité de rencontrer quelqu'un de compétent, aussi bien sur l'entraînement que sur le mental et le côté humain - car il faut savoir transmettre...et suivant les caractères ou les motivations de l'athlète, il faut être plus ou moins dur ou conciliant - il faut savoir saisir l'occasion.
L'opportunité de retravailler avec André Quet, notre précédent coach dans mon club de triathlon de Belfort, s'est présentée cet été. Nous nous connaissons bien sur le plan de l'entraînement, j'ai pu bénéficier de nombreux conseils du temps où il était dans notre club, ce qui m'avait permis de conclure par le titre de championne de France de cross-triathlon l'an passé, notamment. Il est donc plus facile de reprendre l'entraînement à distance, avec au cas par cas, l'utilisation de la vidéo pour travailler des points techniques, comme en natation.
Cela me redonne donc une bonne motivation pour cette fin de saison. L'entraînement diffère un peu dans ce que j'ai l'habitude de faire, mais avec la même philosophie que j'applique (qualité, travail technique, orientation suivant type de fatigue). Cela me correspond donc parfaitement. Et en natation, je sens les progrès, mes défauts techniques ayant été bien ciblés et immédiatement bien corrigés.

La motivation à l'entraînement redonne aussi confiance pour aborder les courses. J'ai fait un premier test sur le triathlon de Vesoul la semaine précédent le XL de Gerardmer, une course d’entraînement : il ne fallait s'économiser à vélo, faire une bonne natation, avec bonne tactique, gestion et orientation, et une course à pied fractionnée. Le test était plutôt bon, mes sensations étant bien meilleures en natation et la place correcte, ma course à pied étant vraiment bonne malgré le fait de l'avoir fractionnée.

Motivée pour Gerardmer, je sais que le forme devrait être bonne, et que tout tiendra à ma bonne gestion de la course. Je me concentre donc là-dessus, prenant en compte le fait qu'il fera froid, à savoir 20-25° de moins que la semaine précédente. Je prépare mes affaires sérieusement, avec vérification de David : un sans-faute :)
Au départ de la natation, nous voilà 1600 au départ. Cela fait du monde sur la plage. Je vois les bonnets jaunes (pro), comme moi, se rassembler à l'avant dans l'eau, personne ne les replace : il faut y aller et partir avec eux devant, pas de complexe. Cela me permettra de partir dans les bons pieds et ne pas être gênée au départ. Je la joue tactique en essayant de profiter un maximum de la vague d'autres concurrents, tout en vérifiant l'orientation. Pour moi, cela paraît correcte, pas le cas de tous les concurrents vraiment éparpillés...il est grand ce lac ! Comme d'habitude, je me sens mieux sur la fin, sans doute parce que mon échauffement n'est pas assez important. Pas grave, je remonte tout doucement et me sens bien.

A la sortie de l'eau, la tête tourne, plus que d'habitude. J'arrive à la zone de transition un peu groggy, David me parle (euh, crie !) et me dit que je suis 7ème pro, voit que je suis à l'ouest et me dit de me dépêcher, qu'il ne fait pas froid et qu'il ne faut pas trop que je m'habille. Je ne sais pas trop quoi faire mais je lui fait confiance et me dépêche : un maillot, pas de chaussette, pas de manchette...d'autant que le froid n'est jamais un souci pour moi.
Je suis aussi perturbée de voir Alexandra Louison (qui a gagné cette course il y a 2 ans) sortir derrière moi en natation. Même si elle n'est sans doute pas au top, jamais je ne sors devant une pro en natation ! Ça annonce une belle journée...

Au départ du vélo, je sens que mes jambes sont un peu bizarres et picottent un peu, puis brûlent...Ah oui, David m'a tartiné les jambes de crème chauffante contre le froid. Ah ben je n'ai pas froid du tout, là !
Le cardio est bien, je fais fi de ces sensations bizarres et avancent. Je me retrouve avec la première fille en amateur, 7ème pro, et ça roule bien. Malgré le monde autour de nous, nous faisons l'effort de ne pas drafter. Enfin, certaines, plus ou moins... La montée règle ça, et c'est tant mieux.
Premier tour OK, mais je sens que ça n'est pas au top, et il reste deux tours. La montée du Poli, à la sortie de Gerardmer, est mythique : du monde, du bruit, les gens qui s'écartent à notre passage...un air de tour de France. En haut de cette bosse, un autre concurrent me dira "Waouh, c'était quelque chose cette montée !". Eh oui, Gerardmer, c'est aussi ça !

En roulant le long des lacs de Longemer et de Retournemer, les jambes commencent à se durcir un peu et décidément, le plat n'est pas mon truc. Là, un groupe, que dis-je, un "bus" me double, avec une concurrente que je connais, qui me regarde au passage. Le drafting étant interdit, mais toujours toléré visiblement par les commissaires sur cette course, cela m'agace. D'autant que je m'efforce à respecter les règles malgré ce laxisme. Pas grave, la montée suivante, je reviens sur elle petit à petit. Là, j'hésite : si je dis quelque chose, je risque d'être vraiment désagréable. Alors, le silence sera d'or, et je passe...
Cela ne se réchauffe pas, mes pieds sont toujours gelés, les descentes ne sont pas une partie de plaisir. Et cela devient de plus en plus difficile, de moins en moins de force et le cardio qui baisse toujours. Portant, je m'alimente bien depuis le début, je tourne bien les jambes, je ne comprends donc pas ce qui arrive et ne me souviens pas d'avoir eu une telle défaillance. Les concurrents remontent petit à petit, et je pense qu'il reste encore un tour et 21kms de course à pied.

Au 3ème tour, le mot "abandon" vient petit à petit à l'esprit, je ne vois pas comment je retrouverais la force de pouvoir courir après cela, j'ai déjà tellement du mal à finir ce vélo, mes jambes sont deux poteaux. Alors je pense à pourquoi je suis venue, la chance que j'ai de pouvoir faire cela, à la difficulté d'un abandon, les jours après course...je ne l'ai pas souvent fait, ne me souviens même plus de mon dernier abandon, mais l'amertume des regrets, je m'en souviens. J'encourage les filles que je rattrape, la plupart sourient et disent "merci, bravo !". Je me dis : "tu roules deux fois plus vite et tu penses à abandonner...c'est n'importe quoi !"

Alors arrivée à la zone de transition, je me dis qu'il faut voir comment je me sens en course à pied, essayer et décider. J'enfile mes baskets sans grande conviction, j'en oublie de mettre mes chaussettes (décidément !), et je cherche David. On retrouve la foule au bord du lac, les gens nous encouragent si sympathiquement qu'on se dit que cela va redonner du baume au coeur. J'apperçois enfin David, j'ai pu courir un peu et sentir que bizarrement, c'est comme si je n'avais rien fait avant...c'est vrai que depuis 1h30, je roule "pépère" même si c'était difficile. On discute un peu, je lui explique ma défaillance, que là ça va et repars.

Passage sur le lac en course à pied

Je cours et tout va bien. Les concurrents qui m'avaient doublé en m'encourageant à vélo sont surpris de me voir les doubler, mais tout va bien. Je sais que je n'ai plus suffisamment bu et mangé cette dernière heure, je m'arrête donc aux ravitos et repars. Premier tour, tout est toujours bon.
Si je repars pour un 2ème, ça veut dire que je termine... et je n'ai aucune excuse pour m'arrêter, alors on repart ! Je remonte toujours petit à petit, fait mes petites pauses ravito, ma foulée est bonne, tout est automatique et facile. Cela me redonne le sourire, car ce sont des sensations que je ne connais que depuis cette saison, et que j'ai pour la première fois sur un longue distance. 21kms, cela me paraissait quelque chose d'énorme il y a deux ans, maintenant, c'est comme si je faisais un 10km de l'époque. Je suis vraiment très satisfaite de constater ces progrès.
A l'entame du troisième tour, David m'encourage en me disant que j'ai vraiment un très bon rythme et une bonne foulée. C'est reparti donc, toujours bien, toujours avec des petites pauses ravito coca-eau, pas de mal au ventre, juste quelques douleurs à une hanche et à un mollet sur la fin, qui me rappellent qu'il faut que je fasse attention à ma gestuelle qui peut-être se dégrade. Et bizarrement, aucune ampoule et douleur au pied malgré le fait de ne pas porter de chaussette et de ne pas avoir préparé mes pieds auparavant avec un peu de crème.


La zone d'arrivée : passage des coureurs, écrans géants, live sur internet...tout pour suivre !

Vraiment contente d'être arrivée, d'avoir pu constater qu'en triathlon, il suffit aussi parfois de "changer de paradigme" pour que tout revienne et aille pour le mieux.
Tout cela m'a rappelé aussi tout le travail et le chemin à parcourir pour arriver à exceller sur de telles courses. Malgré ma préparation et mon expérience, je pense qu'il m'en manque encore un peu pour être au top, sinon, je n'aurais pas fait d'erreur au niveau de mon équipement à vélo pour m'assurer contre le froid. Les erreurs restent le meilleur moyen d'apprendre.

Je termine en 5h48, 14ème dame, à peine moins bien qu'il y a deux ans, mais avec une bien meilleure natation (1'30 de mieux), une meilleure course à pied (de meilleures sensations et 5' de mieux malgré les pauses), mais un moins bon vélo (10 minutes de plus).



Bravo à tous les finishers de cette course difficile, en particulier ceux qui n'ont pas toujours les moyens de la préparer comme moi, qui n'ai pas de famille à gérer et qui ai un travail qui me permet d'avoir de bonnes conditions pour m'entraîner, même en travaillant à 100%. Respect, car il faut avoir un sacré mental aussi lorsqu'on ne se sait pas au top pour aller jusqu'au bout.
Merci à tous les bénévoles et l'organisation de ce bel événement, celui qu'il ne faut pas rater (il ne faut déjà pas rater l'inscription !).

Récupération et derniers réglages avant le départ pour la Sardaigne dans 2 semaines et demie, avec les mondiaux de cross-triathlon pour terminer la saison de triathlon. S'en suivra le Roc d'Azur, avec le Roc Marathon et le Roc Dame, pour finir avec du VTT.

Plus de photos à venir...